ROMFRANFrédéric BEIGBEDER n'est pas le dandy bobo, fêtard branché, pipole, comme on le présente souvent.
C'est du moins ce qu'il essaie de démontrer dans ce livre, conçu lors de ses 3 jours passés en garde à vue, suite à une interpellation pour consommation de coke sur la voie publique, lors d'une de ses virées nocturnes.
Cette expérience douloureuse est le point de départ d'un regard sur lui-même, sur son enfance, ses blessures, ses humiliations, son mal-être.
Le récit de sa vie passée retrouvée, qu'il avait en partie occulté en effaçant de sa mémoire toute une partie de son enfance, croise le témoignage de ces 3 jours et 3 nuits de maltraitance, infligées par le bon vouloir d'un juge qui a par la suite réussi à censurer les passages peu amènes à son égard.
L'écriture est sincère et souvent très drôle. Le personnage finit par nous être sympathique.

Extrait :

"Une famille, c'est un groupe de gens qui n'arrivent pas à communiquer, mais s'interrompent très BEIGbruyamment, s'exaspèrent mutuellement, comparent les diplômes de leurs enfants comme la décoration de leur maison, et se déchirent l'héritage de parents dont le cadavre est encore tiède. Je ne comprend pas les gens qui considèrent la famille comme un refuge alors qu'elle ravive les plus profondes paniques. Pour moi, la vie commençait quand on quittait la famille. Alors seulement on se décidait à naître. Je voyais la vie divisée en deux parties : la première était un esclavage, et l'on employait la seconde à essayer d'oublier la première. S'intéresser à son enfance était un truc de gâteux ou de lâche. A force de croire qu'il était possible de se débarrasser de son passé, j'ai vraiment cru que j'y étais parvenu. Jusqu'à aujourd'hui."