jac Dans ce livre, Albert JACQUARD reprend les thèmes qui lui sont chers :

le nucléaire et l'héritage que nous laissons à nos enfants

"La façon dont les économistes négligent trop souvent de tenir compte de la finitude de la terre est significative du comportement de l'humanité envers elle. Nous avons agi comme si elle était à notre service et inépuisable. Dans de nombreux domaines, la cote d'alerte a été dépassée, notamment dans l'utilisation des ressources non renouvelables de la terre, ce qui est le cas des sources d'énergie, gaz, charbon, pétrole par exemple. Un arrêt le plus rapide possible de la destruction en cours s'impose avec comme objectif de retarder ou même d'éviter leur épuisement.
Raisonnablement, nous devons nous contenter, pour satisfaire nos besoins en énergie, de la seule source inépuisable à vue d'homme, le soleil, cette merveilleuse centrale nucléaire dont la durée de vie s'exprime en milliards d'années. C'est la gestion de l'ensemble des biens non renouvelables fournis par la terre qui doit être repensée.
Cette gestion est raisonnable pour les récoltes obtenues au rythme des saisons, elle ne l'est pas pour les biens non renouvelables ou qui le sont à un rythme trop lent, tel le pétrole. Ces cadeaux qui ne sont reçus qu'une fois, à qui appartiennent-ils ? La seule réponse sage est : « à tous les humains », « tous » signifiant aussi bien ceux qui sont nos contemporains que les humains encore à naître. Comment pourrait-on justifier une réponse différente ?
Cette évidence a des conséquences vertigineuses. Les richesses de la terre appartiennent à nos descendants. Nous devons donc cesser de les détruire sous peine de commettre un vol. Le constat récent que notre domaine est terriblement étroit suffit à bouleverser notre regard sur notre aventure. Le choc a été rendu plus violent par notre comportement fondé sur l'oubli des limites imposées par la nature."


la frénésie de la consommation :

"Si, à la façon des Conventionnels de 1793, nous entreprenions de donner de nouveaux noms aux périodes du calendrier, nous n'appellerions par les mois d'hiver "névrôse" et "ventôse", par référence à la neige ou à la tempête, mais "gachôse" ou "boulimôse" par référence au délire de consommation et de gâchis dont notre société est volontairement possédée durant les fêtes de fin d'année."

L'éducation et l'absurdité de la notation, les écoles prépas,

"Pendant deux ou trois ans, aussitôt après l'inévitable bac, toute l'énergie, toute l'activité intellectuelle des candidats doivent être tendues   par une seule obsession : intégrer. Il faut, comme une taupe, creuser un sombre tunnel en ignorant le reste du monde, à l'exception des autres concurrents ; ceci n'ont de réalité que comme compétiteurs, l'objectif est de les dépasser. La course commencée en maternelle se poursuit. « Encore un dernier effort», disent les profs de « prépas ». Ils ont tort, ce n'est pas le dernier : des efforts plus durs encore attendent ceux qui entrent dans ce jeu de lutte."

l'école polytechnique (sa bête noire)

"Le statut militaire de cette école ne serait qu'un résidu historique pittoresque s'il n'ancrait dans les esprits une vision hiérarchique et figée de la société. À vingt ans, l'avenir de ces jeunes a été fixé en fonction de notes à quelques examens qui les orientent vers la gestion des entreprises, vers la recherche scientifique, vers la banque ou vers l'informatique. Les choix résultent plus des développements de carrière espérés que des passions ressenties ; ils sont signes d'un conformiste plus que d'une vocation."

Rien de bien nouveau mais toujours salutaire à lire, ou à entendre ( ici ).